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No. 176/07
Berlin, 19.06.2007


Sigmar Gabriel pour une meilleure prise en considération des nouvelles découvertes concernant les effets du rayonnement sur les personnes

Wortmarke / LogoIl est possible que l’effet du rayonnement sur les humains soit plus fort que ce qu’on avait supposé jusqu’ici. Lors d’une conférence sur les nouvelles découvertes à propos des effets des rayonnements ionisants, qui s’est déroulée à Berlin, M. Sigmar Gabriel, ministre fédéral de l’Environnement, a demandé que ces nouveaux enseignements soient intégrés rapidement dans la législation sur la radioprotection et que la mise en pratique se fasse rapidement. « Il s’agit de soumettre chaque nouvel état des choses à un examen approfondi et de répondre clairement à la question de savoir si notre système actuel de protection correspond encore aux connaissances actuelles et les prend en considération de manière adéquate » a déclaré M. Gabriel. Et d’ajouter qu’il s’agissait là d’une obligation fondamentale de la politique environnementale d’assurer la prévention en temps voulu et de manière appropriée des risques environnementaux et sanitaires et que cela valait aussi bien pour le droit européen que pour le droit national relatif à la radioprotection. « Les standards de protection ne doivent pas être à la traîne derrière les connaissances actuelles. Il en va de même pour leur mise en pratique. » a-t-il déclaré.

La conférence sur la radioprotection a lieu aujourd’hui à Berlin, dans le cadre de la présidence allemande du Conseil européen. La nouvelle recommandation fondamentale relative à la radioprotection de la Commission internationale de radioprotection (ICRP) a été présentée (Dr. Lars-Erik Holm) et a fait l’objet d’un débat. En dehors de cette recommandation ont été exposées les nouvelles découvertes scientifiques relatives aux cancers dus aux rayonnements chez les personnes travaillant dans les centrales nucléaires (Dr. Elisabeth Cardis), au risque de cancer du poumon dû au radon (Dr. Margot Tirmarche) et aux spécificités de la sensibilité aux rayons, notamment de la femme et du fœtus (Prof. Dr. Wolfgang-Ulrich Müller).

Ces nouvelles découvertes ont fait l’objet d’un débat approfondi avec les scientifiques et les représentants des gouvernements de divers États européens et de l’Union européenne. Il en est ressorti clairement qu’ils s’agissait-là de découvertes auxquelles la radioprotection devait réagir à court terme. Bien que les concepts actuels de radioprotection ne soient pas systématiquement remis en question, il faut réfléchir sur des précisions, des adaptations et des corrections.

Les aspects suivants étaient au centre du débat :

  • Les cancers des personnes travaillant dans les centrales nucléaires. L’effet des expositions à de faibles doses ont été doublement sous-estimées jusqu’ici. Le risque relatif résultant de l’exposition aux rayonnements dans le cadre de l’exercice de l’activité professionnelle est tout à fait comparable à celui résultant des expositions à de fortes doses. On observe une augmentation du nombre de cancers chez les personnes exposées au long de leur vie professionnelle à une dose cumulée respectant les valeurs limites actuellement en vigueur. Il faut donc envisager d’urgence un abaissement des valeurs limites.
  • Les cancers du poumon dus au radon radioactif présent dans les locaux d’habitation. Le risque de cancer dû au radon présent dans les habitations augmente d’environ 8 % par 100 becquerels au m3 (Bq/m³). Dès lors que la dose se situe entre 100 et 200 Bq/m³, on observe un nombre plus élevé de cancers. Environ 1.800 personnes meurent chaque année en Allemagne des suites de l’exposition au radon, donc une personne toutes les quatre heures. Il est possible que le radon contribue à déclencher des leucémies chez les enfants. Il faut agir de toute urgence pour abaisser l’exposition au radon. L’objectif de valeur pour les nouvelles constructions est de 100 Bq/m3, la valeur d’orientation pour les décisions d’assainissement de bâtiments anciens est de 200 Bq/m3.
  • La sensibilité aux rayons : la sensibilité aux rayons des fœtus est particulièrement élevée et celle de la femme semble être deux fois plus élevée que celle de l’homme. De plus, la sensibilité aux rayons du cristallin est plus élevée qu’on ne l’avait estimée jusqu’ici. Il faut poursuivre la recherche et l’intensifier. De même, il faut envisager de toute urgence d’abaisser la valeur limite relative au cristallin.

M. Gabriel, ministre fédéral de l’Environnement a souhaité que la compétence en matière de radioprotection demeure garantie et que la recherche ciblée se poursuive. La fondation de l’« Union des compétences en matière de recherche sur les rayonnements » en Allemagne, qui assure, selon lui, une coopération étroite entre les centres de recherche et les universités et encourage la relève par de jeunes scientifiques, poursuit cet objectif. La conservation de la compétence englobe également les autorités en charge de la mise en pratique, car celle-ci ne peut suivre que si la dotation en personnel bien qualifié est suffisante.

M. Gabriel a salué tout particulièrement le fait que l’ICRP ait fait sien le souci de la durabilité de la protection de l’environnement aussi en ce qui concerne le rayonnement. Protéger l’environnement également indépendamment des personnes, est un élément important de la politique environnementale durable.