
Il est possible que l’effet du rayonnement sur les humains soit plus fort que ce qu’on avait supposé jusqu’ici. Lors d’une conférence sur les nouvelles découvertes à propos des effets des rayonnements ionisants, qui s’est déroulée à Berlin, M. Sigmar Gabriel, ministre fédéral de l’Environnement, a demandé que ces nouveaux enseignements soient intégrés rapidement dans la législation sur la radioprotection et que la mise en pratique se fasse rapidement. « Il s’agit de soumettre chaque nouvel état des choses à un examen approfondi et de répondre clairement à la question de savoir si notre système actuel de protection correspond encore aux connaissances actuelles et les prend en considération de manière adéquate » a déclaré M. Gabriel. Et d’ajouter qu’il s’agissait là d’une obligation fondamentale de la politique environnementale d’assurer la prévention en temps voulu et de manière appropriée des risques environnementaux et sanitaires et que cela valait aussi bien pour le droit européen que pour le droit national relatif à la radioprotection. « Les standards de protection ne doivent pas être à la traîne derrière les connaissances actuelles. Il en va de même pour leur mise en pratique. » a-t-il déclaré.
La conférence sur la radioprotection a lieu aujourd’hui à Berlin, dans le cadre de la présidence allemande du Conseil européen. La nouvelle recommandation fondamentale relative à la radioprotection de la Commission internationale de radioprotection (ICRP) a été présentée (Dr. Lars-Erik Holm) et a fait l’objet d’un débat. En dehors de cette recommandation ont été exposées les nouvelles découvertes scientifiques relatives aux cancers dus aux rayonnements chez les personnes travaillant dans les centrales nucléaires (Dr. Elisabeth Cardis), au risque de cancer du poumon dû au radon (Dr. Margot Tirmarche) et aux spécificités de la sensibilité aux rayons, notamment de la femme et du fœtus (Prof. Dr. Wolfgang-Ulrich Müller).
Ces nouvelles découvertes ont fait l’objet d’un débat approfondi avec les scientifiques et les représentants des gouvernements de divers États européens et de l’Union européenne. Il en est ressorti clairement qu’ils s’agissait-là de découvertes auxquelles la radioprotection devait réagir à court terme. Bien que les concepts actuels de radioprotection ne soient pas systématiquement remis en question, il faut réfléchir sur des précisions, des adaptations et des corrections.
Les aspects suivants étaient au centre du débat :
M. Gabriel, ministre fédéral de l’Environnement a souhaité que la compétence en matière de radioprotection demeure garantie et que la recherche ciblée se poursuive. La fondation de l’« Union des compétences en matière de recherche sur les rayonnements » en Allemagne, qui assure, selon lui, une coopération étroite entre les centres de recherche et les universités et encourage la relève par de jeunes scientifiques, poursuit cet objectif. La conservation de la compétence englobe également les autorités en charge de la mise en pratique, car celle-ci ne peut suivre que si la dotation en personnel bien qualifié est suffisante.
M. Gabriel a salué tout particulièrement le fait que l’ICRP ait fait sien le souci de la durabilité de la protection de l’environnement aussi en ce qui concerne le rayonnement. Protéger l’environnement également indépendamment des personnes, est un élément important de la politique environnementale durable.